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vendredi 13 novembre 2020

Teresa (2)

 Teresa Kouros torturait son chignon gris avec agacement. L’autre main tenait un malheureux crayon à mine, qui battait la cadence sur la table. A ses côtés, dans la salle de Justice, un greffier lui fait les gros yeux. Elle n’en tint aucun compte, comme d’habitude, et soupira avec ostentation.

Le juge se racla la voix et poursuivit d’une voix monocorde, annonçant une sentence jouée d’avance. Ce procès pour un vol de bijoux s’était révélé sans intérêt. Un voleur, trois témoins fiables, des preuves retrouvées… Rien de croustillant pour égayer son article dans la Gazette.

lundi 11 novembre 2019

Teresa (1)

-Silence, dans la salle !
Le marteau de justice s’abattit à plusieurs reprises. Le juge tenta de reprendre le contrôle d’une salle agitée. Les procès pour infanticide attiraient toujours les foules. Une sorte de curiosité morbide poussait des personnes forts respectables par ailleurs à repousser toute civilité aux orties.
“Ordure ! Pendez-le !”
Oui, les réactions ne la surprenaient pas. Rien ne surprenait Teresa Kouros dans une salle d’audience. Après plus de trente ans de carrière à reporter les procès pour le compte de la gazette de Stralsund, son chignon gris tiré en arrière et sa paire de gros verres sur le nez faisaient partie des meubles.
Elle soupira. La pendaison n’était plus en vigueur à Stralsund depuis à peu près deux siècles. Mais il y aurait toujours des types assoiffés de sang qui réclamerait des têtes. Même quand les preuves restaient finalement assez ténues, comme dans ce cas épineux.